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La Boîte Boisson est prudente sur la consigne Bcme not found

La Boîte Boisson est prudente sur la consigne

Voulant participer aux réflexions liées à la Feuille de route Economie circulaire, les fabricants de canettes mettent en avant des « points de vigilance ». -
Forte de son engagement et de sa « solide expérience en la matière », la Boîte boisson, l’association qui regroupent les fabricants de canettes Ardagh Metal, Ball Packaging Europe et Crown Bevcan, ainsi que les fournisseurs de métal ArcelorMittal et Constellium, souhaite faire entendre sa voix dans le cadre de l’élaboration de la Feuille de route Économie circulaire (Frec) du gouvernement, en particulier sur les réflexions axées sur la consigne et visant à renforcer le recyclage des emballages boisson.

Pas de stigmatisation

En préalable, le groupement rappelle que, d’après le dernier rapport de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) de juin 2017 sur la valorisation des emballages en France (chiffres 2015), 77% des emballages métalliques sont recyclés. « Un très bon taux », souligne-t-il, « contrairement aux chiffres actuellement en circulation et mal interprétés ». D’insister en précisant que les emballages métalliques représentent moins de 5% du tonnage des emballages non recyclés actuellement. « Dans ce contexte, les professionnels de La Boîte Boisson appellent à ne pas stigmatiser certains emballages par rapport aux autres : tous les emballages doivent être pris en compte dans le cadre de la réflexion sur la consigne. »

Cinq points de vigilance

Ensuite, l’organisation professionnelle met en avant cinq « points de vigilance à considérer avec attention » à propos de la consigne afin de « ne pas mettre en danger un système établi de longue date et ne pas pénaliser le consommateur ». Le nouveau système ne devrait pas être « trop complexe et cher à mettre en œuvre », au risque de déstabiliser l’équilibre technico-économique des centres de tri, « qui s’appuient désormais sur la revente des matériaux, notamment du métal, pour contribuer à rentabiliser leurs investissements ». La consigne ne doit pas non plus être considérée comme une solution aux déchets sauvages. Surtout, ces industriels appelle à une analyse détaillée des effets de la consigne dans les pays où elle est en place : « la situation est différente entre un pays qui n’a connu que la consigne et un autre comme la France, où un autre système fait déjà ses preuves même s’il doit accélérer sa mue ». En outre, attention aux changements d’habitudes des consommateurs : 76% des consommateurs disent déjà jeter leur canette dans la poubelle dédiée au tri des emballages, selon une enquête CSA 2017 pour La Boîte Boisson. « Ils devront changer leurs habitudes car il leur faudra multiplier les poubelles de tri différenciées à domicile. Pourtant, les mètres carrés des habitations ne sont pas extensibles. Un vaste plan d’éducation et d’explications devra être mis en œuvre. » Dernière mise en garde : la faisabilité de la mise en œuvre sur les points de vente, à la suite de l’évolution des modes d’achat et du développement du commerce de proximité et du e-commerce.