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AFP : En Lorraine, la canette en acier fait de la résistance

FLORANGE (France), 16 déc 2013 (AFP) - La canette métallique défie la crise en Lorraine, avec des taux de croissance en hausse, et résiste à la concurrence de l'aluminium, en grande partie grâce à l'acier fourni par le site de Florange, où ArcelorMittal investit et embauche pour répondre à la demande. 
"L'acier fait partie de l'ADN lorrain", a expliqué à l'AFP Alain Preham, président de la Boîte boisson, un groupement d'intérêt économique (GIE), lors d'une récente présentation à la presse d'une filière, dont la production a progressé de 7,7% en France sur les 9 premiers mois de l'année.
L'influence de cet ADN lorrain est telle que la France, avec plus des deux tiers de ses canettes produites en acier, fait figure d'exception sur le marché européen dominé à 80% par l'aluminium. 
L'usine lorraine du groupe américain Crown, spécialiste de la canette, porte dans ses gènes l'héritage de la sidérurgie lorraine: située à Custines, à proximité de Nancy, elle est née de la reconversion industrielle des années 80 et se trouve sur le site qu'occupaient jadis les aciéries de Pompée.
"Nous sommes des précurseurs du made in France", souligne Franck Muratet, directeur de l'usine présentée par le président François Hollande comme un exemple de reconversion industrielle réussie lors d'une visite à la fin septembre, le même jour où il s'est rendu à Florange.
Cette usine ne connaît manifestement pas la crise: elle a une capacité de production de 1,2 milliard de boîtes métalliques, emploie 180 personnes et bénéficie de la proximité de Florange, son fournisseur principal, qui lui livre l'acier.
"Cette proximité est positive, tout comme celle du centre de recherche et développement très pointu d'ArcelorMittal à Maizières-lès-Metz qui nous apporte du support technique", explique le patron de l'usine.
Pour la canette métallique, pratiquement tous les chemins mènent à ArcelorMittal et son usine de Florange, où les hauts-fourneaux sont éteints depuis ce printemps.
Paradoxalement, cette décision polémique semble avoir eu un impact positif pour l'emballage boisson. 
Dans les accords passés avec le Gouvernement il y un an, le géant mondial de l'acier a accepté d'investir 45 millions d'euros sur cinq ans dans l'emballage à Florange, dont 15 millions sont déjà engagés, une somme à peine inférieure aux 52 millions prévus pour l'automobile, le débouché principal de l'usine.
Dans le secteur de la sidérurgie, où la demande d'acier a chuté de plus de 20% depuis le début de la crise, la canette fait même figure d'exception, comme le confirme Thomas Rousseau, responsable qualité de l'emballage à Florange. "Nous avons une croissance de 5 à 6% par an en volume", se félicite-t-il.
La progression est telle, selon lui, qu'ArcelorMittal a commencé à "effectuer des embauches extérieures" dans le secteur de l'emballage à Florange, après y avoir reclassé une partie des 629 salariés touchés par la fermeture des hauts-fourneaux.
Selon M. Rousseau, cette fermeture n'a d'ailleurs pas eu de conséquence sur l'acier destiné aux canettes, "car les brames n'étaient pas produites à Florange, mais à Dunkerque".
II n'empêche que cette activité ne pèse pas lourd dans le chiffre d'affaires global d'ArcelorMittal, où elle n'atteint pas le 1% des ventes. M. Rousseau l'admet, mais il s'empresse de rappeler que "pour le site de Florange, c'est un axe de développement très important et des emplois pour 400 personnes".
Comme dans les voitures, l'acier est toutefois confronté à la concurrence de l'aluminium, plus léger, comme le reconnaît Patrice Colin, directeur de la brasserie de Champigneulles.
"La tendance est à l'aluminium", explique le patron de cette marque également emblématique du patrimoine lorrain, qui compte 190 salariés et est située à moins de dix kilomètre de l'usine de Crown, l'un de ses principaux fournisseurs.
"Le pourcentage des canettes en acier est passé de 95% à 80% de notre production depuis 2012", ajoute M. Colin, à la tête d'une brasserie, rachetée en 2006 par le groupe allemand TCB et qui devrait faire passer sa production l'an prochain 3 à 3,5 millions d'hectolitres, porté par les marques distributeurs.
Pour Constellium, le spécialiste de la transformation de l'aluminium, le marché des canettes représente 20% de la production, souligne Raphaël Thévenin, directeur commercial d'un secteur qui progresse de 3 à 4% par an.