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Conseil National de l'Emballage : Emballages et consigne, Panorama des systèmes de réemploi

Conseil National de l'Emballage : Emballages et consigne, Panorama des systèmes de réemploi

Le document "Emballages et consigne, panorama des systèmes de réemploi" du CNE montre, à travers certains exemples, que la « consigne » des emballages pour réemploi est une pratique qui est largement répandue dans la distribution des boissons dans la restauration et qui est très importante dans le domaine des emballages industriels et commerciaux.
Ce document n’a pas vocation à faire une analyse des systèmes de consignes ou dispositifs de gestion des retours existants, ni d’en faire la promotion ou de les recommander en tant que solutions.
L’examen des différentes « consignes » existantes montre que l'on peut dégager des facteurs clés de succès suivants :
1. Une conception spécifique de l’emballage considéré qui doit être robuste pour assurer la résistance aux rotations pour le réemploi,

2. Une conception facilitant les dispositifs de retour pour réemploi (standardisation, compacité, nettoyage facilité, etc.),

3. Un coût réglementé (pour certains emballages) de la consigne permettant le retour des emballages,

4. Une logistique retour généralement réalisée dans les mêmes emballages (caisses par exemple) que la logistique aller,

5. Des lieux de stockage et des parcs d’emballages vides supérieurs aux besoins de conditionnement, synonymes d’immobilisations financières en vue de répondre notamment à la saisonnalité des produits et aux nécessités de nettoyage avant réemploi (cas des boissons et des caisses plastiques employées dans la grande distribution),

6. Des acteurs inclus dans un système logistique performant avec un maillage territorial au plus près des lieux de consommation,

7. Un dispositif robuste et contrôlé, pour assurer d’une part la parfaite traçabilité des emballages, notamment concernant leur fin de vie et d’autre part la parfaite sécurité sanitaire du produit emballé.
Le choix de mettre en œuvre un dispositif de réemploi des emballages, comme alternative à un emballage à usage unique doit reposer sur une analyse complète technique, sociale, environnementale et économique.
Cette analyse peut être complétée par une ACV comparative entre les deux systèmes : l’un fondé sur des emballages réemployables, l’autre sur des emballages à usage unique repris et recyclé en nouvel emballage.
Il est également recommandé de réaliser une étude à destination de l’utilisateur ou du consommateur afin d’évaluer sa bonne compréhension et son adhésion à l’une ou l’autre des alternatives.


« Pourquoi ne revenez-vous pas à la consigne ? »

Cette question souvent posée par certaines parties prenantes mérite une réponse et je pense que le CNE peut aider à décrypter les enjeux à défaut d’apporter une réponse binaire.
Peut-être faut-il rappeler qu’entre l’époque où il existait une consigne pour réemploi en France vis-à-vis des ménages (dans les années 60/80) et aujourd’hui, les choses ont changé.
- La consommation a changé : nous sommes passés d’une économie où l’offre ne suffisait pas à répondre à la demande, à une économie où l’offre est surabondante, où la concurrence est très forte, dans laquelle les prix ont baissé et où les emballages participent à la diversification de l’offre (cf. exemple de la consommation du vin en France p19)
- La distribution a changé : le commerce « moderne » a, petit à petit, installé des produits préemballés et fait disparaître bon nombre des petits commerces de détail de proximité d’alors.
- La production des biens a changé : elle s’est largement massifiée participant en cela à la diminution des prix.
- Les emballages ont changé : les emballages en verre et en métal ont vu émerger les matières plastiques, les briques alimentaires, les cartons.

Ces nouveaux emballages en plastique et en carton n’existaient pas au moment où les bouteilles en verre étaient consignées pour réemploi.

Pour donner un seul chiffre qui démontre ce changement, les flacons et bouteilles en verre représentent aujourd’hui environ 8 milliards d’UVC (unité de vente consommateur) par rapport à un total de 94 milliards d’UVC, soit 8,5 %.
Parler du « retour à la consigne » pour une immense majorité des produits n’a ainsi pas beaucoup de sens.
Pour autant, faut-il tirer un trait sur la consigne pour réemploi ? Bien sûr que non. Des dispositifs de réemploi sont largement utilisés dans le secteur des emballages non ménagers et cela démontre que le monde de la production et du commerce n’a pas d’attitude dogmatique.

Nous pourrons d’ailleurs retirer de ces nombreux cas des enseignements sur les facteurs clés de succès, rendant ou non l’utilisation de ces systèmes opportune.

Ensuite, il appartiendra aux différents acteurs économiques de voir si ces facteurs existent ou non dans le secteur des emballages ménagers.

Michel Fontaine Président du CNE