Chaque Canette Compte /Eco emballage

Le saviez-vous ?

La liste des déchets abandonnés dans les lieux publics, en zone urbaine ou rurale est longue ! En France, l’abandon sauvage de déchets est puni d’une amende maximale de 450 euros. Tous les types de déchets sont concernés : poubelles, mégots de cigarette, sacs plastiques, déjections (humaines ou canines), matériaux (tôle, ciment, bois…), liquides insalubres, et plus généralement tout autre objet quelle que soit sa nature. L’amende grimpe même à 1 500 euros en cas d’abandon d’épave ou de déchets transportés à l’aide d’un véhicule. Parmi la quantité de déchets abandonnés dans l’espace public, les emballages boissons, bouteilles en verre ou en plastique, briques et canettes, ne représentent que 0,45%[1] ! Soit une partie infime des déchets abandonnés. Les pays dans lesquels les emballages boissons sont consignés n’ont généralement pas vu leur quantité de déchets sauvages diminuer. En comparaison avec d’autres villes européennes de même taille, la ville de Francfort, en dépit de la consigne obligatoire, présente même le volume le plus important d’emballages boissons dans ses déchets sauvages[2]. L’exemple des Pays-Bas est très instructif. Constatant que la consigne sur les emballages boissons n’étaient en rien une solution à la diminution des déchets sauvages, les municipalités hollandaises ont mis en place un système d’amendes plus drastique et dissuasif à l’égard des particuliers qui jettent leurs déchets, quels qu’ils soient, dans la rue




Dans les études qui ont été menées en Espagne et en Belgique, la mise en place d’un système de consigne sur les emballages, en parallèle d’un système de collecte sélective préexistant, génère un surcoût puisque les nouveaux coûts du système de consigne s’ajoutent à ceux de la collecte sélective. Ainsi, l’Espagne a estimé que la mise en place de la consigne multiplierait par 8,1 le coût de gestion de l’ensemble des déchets par rapport à la situation actuelle, pour un accroissement de seulement 2% du volume de déchets recyclés[3]. D’autre part, en isolant les emballages boissons des autres emballages ménagers, cela peut fragiliser l’équilibre technico-économique des centres de tri de collecte sélective. En effet, le rendement économique des emballages en aluminium et en acier est très intéressant pour les centres de tri. La revente de ces matériaux participe à rentabiliser les lourds investissements des centres de tri dont la plupart sont la propriété des collectivités territoriales. Plus largement, la création d’un nouveau système de collecte pose question dans un contexte de rationalisation des coûts. En effet, les coûts d’implantation et de maintenance des machines constituent une charge supplémentaire par rapport aux équipements de collecte existants. Historiquement, la consigne a fait son apparition dans des pays dépourvus de système de collecte sélective. Apparue dans les années 60 dans le Nord de l’Amérique, la consigne a été imaginée pour que les consommateurs rapportent leurs emballages jetables (qui remplaçaient peu à peu les emballages en verre réutilisables) parce qu’il n’existait pas de système de collecte des emballages comme nous le connaissons en France.




L’efficacité comparée des systèmes de consigne pour recyclage et de collecte sélective est largement discutée. Ainsi en Allemagne, le système de consigne pour recyclage est remis en cause puisqu’il coûterait trois fois plus cher que la collecte sélective pour un résultat en terme d’impact sur le taux de recyclage équivalent au système autrichien qui ne possède pas de système de consigne pour recyclage[4]. De plus, l’évolution du taux de recyclage des emballages en Allemagne démontre que les progrès ont été effectués avant la mise en place de la consigne sur les emballages de boissons. Ceci démontre que la consigne ne peut être considérée comme la seule base d’une stratégie de gestion des déchets car elle ne s’attaque qu’à une faible part des emballages plutôt qu’à l’ensemble des volumes d’emballages. Par ailleurs, en tant qu’outil économique, la consigne ne fait appel qu’à la dimension économique et non écologique ce qui peut déséquilibrer les taux de recyclage des déchets qui ne seraient pas consignés. C’est un système discriminant qui exclut certains matériaux et emballages par rapport à d’autres. En outre, l’ADEME estime que la mise en place de la consigne pourrait également être source de confusion pour le consommateur, qui risque de diminuer son effort de tri sur les emballages non consignés.




Fabriquer des produits qu’en aluminium ou acier recyclé est un concept séduisant mais totalement illusoire. En effet, pour augmenter le taux de métal recyclé dans un produit, il est indispensable de disposer de quantités suffisantes de déchets à recycler, or cela dépend pour une très grande partie de ce qui a été produit plusieurs années avant. 75% de l’aluminium et 90% de l’acier produits sont toujours utilisés aujourd’hui. L’aluminium, comme l’acier, sont majoritairement employés pour des produits à durée de vie longue comme le bâtiment ou les transports. 


La disponibilité des déchets est donc limitée par la production de métal d’il y a plusieurs 
années. Encourager l’utilisation de métal recyclé dans les produits ne changera donc 
pas la disponibilité des déchets. 
La priorité est donc d’augmenter le recyclage des produits en métal afin d’augmenter 
la part de déchets en métal à recycler disponibles sur le marché.