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USA : les bières artisanales font leur show en boîte

A l’exception des brasseries nordistes Duyck ou Gayant et de rares bières régionales comme la Colomba corse ou la Celtika bretonne, la canette en France est surtout affaire de grands brasseurs et de gros volumes. Aux Etats-Unis, un nombre sans cesse croissant de brasseries artisanales (près de 300) conditionnent leurs bières en boîtes avec parfois des lignes à capacité très réduite. Un phénomène à suivre…
Le phénomène des bières artisanales
Après plusieurs décennies de standardisation et d’uniformisation, les Etats-Unis vivent une véritable révolution des palais ! Qu’il s’agisse de pain, de café, de fromage, de vin ou de bière, les Américains plébiscitent de plus en plus la diversité et la subtilité des saveurs, le plaisir de découvrir des goûts différents. Résultat : sur un marché comme la bière, les deux géants Anheuser Busch (Budweiser, Bud Light…) et Millers Coors (Millers Lite, Coors…) voient leur position dominante s’effriter peu à peu alors que le segment des bières artisanales se développe à vitesse galopante depuis les années 90. Si à la fin des années 70, le nombre de brasseries sur le sol américain à atteint son niveau le plus bas, 89 unités, il est aujourd’hui au plus haut avec 2 538 brasseries en activité en 2013. Sur la seule année 2012, 400 ont commencé à brasser (simples brew-pubs ou microbrasseries) et 1 500 projetaient d’ouvrir à moyen terme. Outre le rapport d’échelle entre les pays, le phénomène des "craft breweries" aux USA est d’une ampleur incomparable avec celui des brasseries artisanales/régionales en France. A présent, ce segment de marché pèse 8 % des ventes de bières outre-Atlantique et certains prédisent un doublement d’ici 2020. Face à ce raz de marée, les grands brasseurs ont réagi en rachetant de petites brasseries locales (Goose Island et Blue Point par Anheuser Busch ou Leinenkugel par MillerCoors) ou en lançant leur propre unité "artisanale” (Blue Moon par MillerCoors ou Shock Top par Anheuser Busch). A noter que les productions des plus grosses brasseries artisanales comme Boston Beer Company (Samuel Adams), Sierra Nevada en Californie ou New Belgium Colorado se comptent désormais en millions d’hectolitres.


L’engouement pour la canette
Une tendance notable se détache au sein de ce phénomène des brasseries artisanales : le boom des bières en canettes.

C’est en 2002 qu’Oskar Blues Brewery se lance dans le remplissage de boîtes pour sa marque Dale’s Pale Ale. Il faut dire que la brasserie se situe au Colorado, véritable paradis "outdoor" niché au cœur des montagnes rocheuses. L’idée était alors de pouvoir déguster une bonne bière en rando, lors d’une virée en canoë ou pendant une journée à ski. Le succès est immédiat et nombre de brasseurs lui emboîtent – littéralement – le pas. En 2013, le premier brasseur artisanal, Boston Beer Company, a même décliné sa célèbre Samuel Adams Boston Lager dans une canette à la forme spécialement conçue (cf. note).

Les nombreuses distinctions remportées par des bières en boîtes lors de concours et dégustations de renom donneront au conditionnement métallique toutes ses lettres de noblesse. Le nombre d’amateurs de bières plébiscitant la boîte métallique ne cesse de croître. Les magazines en parlent, les salons et festivals 100 % boîtes se multiplient et un site internet de référence relate les moindres évolutions de ce mouvement.


Bières artisanales en boîtes : faits et chiffres
Aujourd’hui, plus de 10 % des brasseries artisanales conditionnent au moins une de leur bière en canette. Il en existe dans tous les états américains, toutefois le Colorado compte une trentaine brasseries ”can addict”. Sur les 280 et quelque brasseries répertoriées en 2013, 80 % disposent de leur propre chaîne de conditionnement. Avec des cadences très variables, certaines machines prenant en charge 4 à 6 canettes à la minute, d’autres 70, d’autres encore 500 et plus ! 8 % sous-traitent à l’un de leur confrère. Et 12 % font appel à une unité de "mobile canning”.

A l’instar des camions d’embouteillage qui parcourent les vignobles pour embouteiller les vins à la propriété, ces chaînes de remplissage et scellage montées sur camion vont de brasserie en brasserie. Un fournisseur de ce type de machine, Mobile Canning Systems, revendique 15 entreprises affiliées sur l’ensemble du territoire américain à l’instar de la Michigan Mobile Canning ou de la Midwest Mobile Canning.


Autres données statistiques notables. Sur un échantillon de 824 canettes distinctes (sur un total d’un millier sur le marché), les deux tiers affichent une contenance de 12 oz (soit le format standard américain de 35,5 cl) et le dernier tiers de 16 oz (47,3 cl). Parmi les boîtes de 35,5 cl, 89 % d’entre elles sont imprimées en amont par le canmaker et 11 % sont, soit stickées, soit revêtues d’un manchon plastique rétractable au moment du conditionnement. En revanche sur le format 47,3 cl, ces pourcentages sont respectivement de 60 % et 40 %

Un emballage plein d’avantages
Aux yeux des Américains, la canette a plus d’un atout dans son sac. Le premier d’entre eux qui bat en brèche nombre de critiques : il n’existe objectivement aucune différence de goût entre une bière en bouteille et cette même bière en boîte. Nombre de dégustations à l’aveugle l’ont prouvé. Mieux, dans le temps, la boîte scellée conserve mieux les arômes qu’une bouteille en verre fumée, fermée d’un bouchon couronne. Ensuite, la boîte est adaptée à de nombreux moments de consommation, notamment en plein air lors de ses activités "outdoor” dont raffolent les Américains. Et ce, grâce à sa solidité à toute épreuve, sa praticité et sa transportabilité. Au delà, la boîte est tolérée dans davantage de lieux publics que la bouteille verre. Son côté "fun" n’est pas à négliger non plus. Sa surface d’impression 360°, l’étendue des possibilités d’impression, de revêtements et textures en font un support idéal pour les graphistes. Leur créativité ne semble pas avoir de frontières (cf. diaporama ci-dessous). Par ailleurs, ses qualités environnementales, de part sa recyclabilité plus simple et moins coûteuse que celle du verre, intéressent tant les brasseurs que les consommateurs. D’un point de vue logistique, un camion peut contenir d’avantage de boîtes que de bouteilles (72 à 84 caisses au lieu de 54 à 60 pour la bouteille), ce qui a des répercussions tant économique qu’écologique (moins d’émissions carbone). Enfin, la capacité de la boîte a se refroidir plus rapidement que la bouteille verre n’est pas pour déplaire aux consommateurs US.

Une offre large, diversifiée et innovante
A l’instar de la production de bière artisanale en général, une multitude de types de bières sont conditionnées en boîte. Le site Craftcans.com en répertorie 93 : les classiques lagers, stouts, lagers, mais aussi les ales britanniques, les belgian style, les Weiss allemandes et autres bières d’inspiration étrangères, la très répandue IPA (Indian Pale Ale), les bières de saison et toutes les aromatisations possibles et imaginables. Parmi ces dernières, à noter les incontournables bières à la citrouille produites pour Halloween. Certaines sont bio, d’autres sans gluten… Le spectre est large.
Au delà du type de bières et du design des packagings, les brasseurs artisanaux n’hésitent pas à innover au niveau de la boîte proprement dite. Oskar Blues Brewery a initié la Nitro Can, avec son widget dont le dégalement d’azote à l’ouverture produit une mousse crémeuse.

Tallgrass Brewing Company conditionne sa bière Zombie Monkie dans une boîte revêtue d’un "tactical grip" facilitant la préhension.

Slyfox propose sa blonde de type allemand Helles dans une boîte fermée d’un opercule à ouverture totale.

Enfin, Oskar Blues Brewery, encore, propose un procédé original pour remplir de grandes canettes de 94,6 cl, à l’unité, au bar, directement au bec pression.



Pour finir, voici quelques vidéos relatives au phénomène des bières artisanales en boîtes : ici, et .

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